De plus en plus de personnes dans le monde pratiquent cette étrange chorégraphie originaire de Chine. Ces mouvements effectués au ralenti sont à la fois prise de distance et implication. A certains moments, les adeptes du taijiquan semblent se battre contre un ennemi invisible, à d’autres, ils ont l’air de jouer avec des forces/énergies invisibles. Cette lenteur, cette nonchalance interpelle l’homme pressé, le dérange. Le regard qui se pose et s’ouvre à ce rythme inhabituel est touché par l’harmonie et l’équilibre dégagés. Les visages détendus, les sourires intérieurs reflètent la recherche du plaisir de bouger, la joie d’habiter et de ressentir son corps sans souci de mesure, sans préoccupation de performance.
L’intitulé des différents mouvements - la grue blanche déploie ses ailes, le serpent rampe, le coq d’or se tient sur une patte, chevaucher le tigre, etc. - rappelle les racines chamaniques de cet art. Le taijiquan répond ainsi au souci très actuel de renouer avec les forces de vie qui nous animent ainsi qu’avec les états de conscience permettant de voyager dans l’imaginaire.
Cette pratique qui ne nécessite ni costume spécifique, ni matériel sophistiqué, ni espace particulier s’intègre parfaitement dans le quotidien. |